Les femmes ont désormais le droit de conduire : quel impact sur la société?

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Il y a peu de temps, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud a décidé de céder aux femmes du royaume le droit à la conduite de véhicules motorisés. Cette réforme représente un tournant majeur dans la politique extrêmement conservative du nouveau roi.
Auparavant, les femmes d’Arabie saoudite nécessitaient la permission de leur époux pour pouvoir faire la demande d’un permis et devaient être accompagné par celui-ci lorsqu’elles conduisaient.
“Je pense que nos dirigeants comprennent que notre societe est prêt pour ce changement”, le prince Khaled bin Salman bin Abdulaziz dit à Washington. Le gouvernement américain a exprimé son soutien pour ce changement et le qualifia “d’un grand pas vers des meilleurs droits pour les femmes”.
Début decembre, il a déjà été interdit à un prêtre de prêcher après avoir dit : ”les femmes ne devraient pas pouvoir conduire, car leur cerveau diminue à un quart de la taille de celui d’un homme quand elles font du shopping”.
Le changement a été anticipé, faisant partie d'une grande politique visant à rendre le royaume plus séculaire par une révolution culturelle.
L’Arabie Saoudite était le dernier pays du monde dans lequel les femmes ne bénéficient pas du droit de conduire jusqu'à présent, un fait qui a beaucoup été utilisés par des activistes comme argument montrant que les femmes sont oppressées dans le pays.
Manal al-Sharif, une des militantes les plus connues qui s’est exprimée pour l;e droit de conduire depuis des années déjà exprima sa joie sur Twitter.
Un comité formé de trente ministres sera maintenant chargé de planifier l'exécution de ce changement radical dans la législation saoudite.
Le nouveau prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed bin Salman, avait déjà pendant quelques mois considéré que le droit de conduire pour les femmes comme un élément clé des réformes, insistant sur le fait que le mouvement conduirait à une plus grande participation des femmes au marché du travail et à une rupture des rôles sociaux entre hommes et femmes. en dehors des environnements familiaux immédiats.

Cependant, le prince héritier et son père, le roi Salman, avaient craint qu’une réforme trop rapide n'entraîne de la colère chez les clercs et les éléments de la société saoudienne qui adhèrent aux interprétations rigides des enseignements islamiques sunnites, qui ont pris racine dans une grande partie de la pays sur plus d'un siècle. Les doutes sur la capacité des femmes à conduire sans commettre trop d'infractions du code de la route étaient très répandus. Au fil des ans, les questions de genre sont devenues un champ de bataille important à travers le Moyen-Orient. Ils ont été cités comme des raisons d'intervention internationale dans le monde musulman et ont contribué à maintenir des régimes autoritaires. Les femmes saoudiennes verront bientôt que la conduite est très utile, mais que leurs droits en tant que citoyens ne peuvent être atteints que si elles se joignent aux hommes pour demander leur pleine inclusion dans un régime qui détient indéfiniment ses détracteurs et ses militants, n'a aucune représentation politique, aucun élu.
En plus d'être autorisés à entrer au Stade national de Riyad samedi pour célébrer le 87e anniversaire de la fondation du royaume, les femmes ont également pu assister à un concert à Djeddah.